La refonte forcée
Un site se démode en 2 à 3 ans. Le « pas cher » ne tient pas la distance : il faut le refaire, et vous repayez un site que vous pensiez déjà acheté.
Votre site « gratuit » n'a rien coûté à l'achat,mais c'est le prix affiché, jamais la facture… Faisons mieux.
Le prix d'un site, ce n'est pas la somme qui part le jour de la mise en ligne. C'est tout ce qu'il vous coûtera les 5 années suivantes. Et c'est précisément là que le « pas cher » devient le plus cher.
En 1993, dans son roman « Au guet ! », l'écrivain Terry Pratchett glisse une idée économique restée célèbre sous le nom de « théorie des bottes ».
Le capitaine Vimes gagne 38 dollars par mois. Une bonne paire de bottes en cuir coûte 50 dollars et tient 10 ans. Une paire bon marché coûte 10 dollars, tient une saison, puis prend l'eau.
L'homme qui peut s'offrir les bonnes bottes a les pieds au sec pendant 10 ans. Le pauvre, lui, rachète des bottes à 10 dollars chaque année : il a dépensé 100 dollars sur la même période, et il a toujours les pieds mouillés.
La métaphore a si bien vieilli qu'en 2022, la militante Jack Monroe en a fait le « Vimes Boots Index » pour mesurer l'inflation qui frappe d'abord les plus modestes. L'office national des statistiques britannique l'a repris dès le lendemain. Une idée de roman devenue outil d'État.
Terry Pratchett, « Au guet ! » (Men at Arms), 1993 · Vimes Boots Index, Jack Monroe et ONS, 2022.
Un site à 800 euros n'est pas un site bon marché. C'est une paire de bottes à 10 dollars.
Olivier Beining
Sur un plan gratuit, vous ne payez pas en euros. Vous payez en autre chose, et la note arrive plus tard.
Prenez n'importe quelle offre gratuite d'un grand éditeur de site en ligne. Voici ce qu'elle contient vraiment, ligne par ligne.
Aucune de ces lignes ne figure sur le devis. Elles apparaissent dans les mois qui suivent, quand le site est censé travailler pour vous. Et le jour où vous voulez un vrai site, le compteur démarre : de quelques dizaines à plus de 150 euros par mois selon les options.
Un site « pas cher » ne coûte pas peu. Il coûte peu au départ, puis il coûte, et il coûte encore. Voici la facture cumulée d'un site à 800 euros sur 5 ans.
Un site conçu pour durer s'achète une fois et s'entretient. Un site « pas cher » se rachète. C'est exactement la mécanique des bottes : l'addition du pauvre finit par dépasser celle du riche.
Le scénario se répète, presque à l'identique, sur la plupart des sites que je reprends après quelques années de sommeil.
Le site est en ligne
Vous payez l'addition la plus basse du marché. Sous-domaine ou thème acheté, mise en ligne rapide. Sur le moment, l'affaire paraît bonne.
Les limites apparaissent
Le sous-domaine, la publicité de la plateforme, la lenteur, le stockage qui sature. Le « gratuit » montre ses murs.
Google et les concurrents prennent l'avantage
Pas de référencement technique, un site qui charge mal : votre visibilité stagne pendant que les concurrents avancent.
La refonte n'est plus une option
Le site est daté, illisible sur mobile, impossible à faire évoluer. Et comme le contenu ne s'exporte pas, on repart de zéro. Vous repayez un site entier.
Vous avez payé deux fois
La facture cumulée dépasse largement le prix d'un site conçu pour durer dès le départ. Les pieds toujours mouillés.
du coût total d'un système arrive après l'achat
80 %
_01 Coût total de possession
Sur un système informatique, le prix payé le premier jour ne représente qu'une fraction du coût réel. L'essentiel (maintenance, mises à jour, durée de vie, remplacement) arrive ensuite. C'est le principe du coût total de possession, et un site web n'y échappe pas.
la durée de vie d'un site avant qu'il faille le refaire
3 ans
_02 Durée de vie
Sans entretien régulier, un site dépasse rarement 3 ans avant de paraître daté et de poser des problèmes de sécurité. Un site « pas cher », jamais entretenu, vieillit encore plus vite.
ce que coûte un site « pas cher » refait, vs un bon site acheté une fois
2 ×
_03 La facture des bottes
Un site bon marché refait au bout de 3 ans, plus ses coûts récurrents, dépasse le prix d'un site conçu pour durer acheté une seule fois. Exactement les 100 dollars de bottes du capitaine Vimes.
Le réflexe du moins cher se paie partout. Le web a juste l'art de cacher la facture plus longtemps qu'ailleurs.
Les économistes ont un nom pour ça : la fausse économie. Une dépense qui soulage sur le moment et coûte plus cher ensuite.
Un sondage de la banque Sainsbury's a montré que près d'un tiers des Britanniques ont déjà regretté un achat bon marché, après avoir payé deux fois : une fois l'objet, une fois sa réparation ou son remplacement.
Le site web est un cas d'école, parce que le coût ne se voit pas tout de suite. Il se cache dans 4 postes que personne ne met sur le devis.
Sondage Sainsbury's Bank · notion économique de « fausse économie ».
Un site se démode en 2 à 3 ans. Le « pas cher » ne tient pas la distance : il faut le refaire, et vous repayez un site que vous pensiez déjà acheté.
Sur un éditeur fermé, le contenu ne s'exporte pas. Partir, ce n'est pas déménager, c'est tout reconstruire. Le « gratuit » devient un coût de sortie.
Un site laissé seul accumule lenteurs et failles. Au-delà de 5 ans sans mise à jour, les vulnérabilités sont quasi certaines.
Un site lent ou daté renvoie vos visiteurs chez le concurrent. Un site qui charge en 1 seconde convertit 3 fois mieux qu'à 5 secondes. Ce manque à gagner ne figure sur aucune facture.
Pour une PME, le site n'est pas une ligne de coût à comprimer. C'est souvent le premier rendez-vous avec un client, et parfois le seul.
Créer un site peut être gratuit, sur un éditeur de site en ligne grand public. Mais le plan gratuit impose un sous-domaine, affiche de la publicité, limite le stockage à 500 Mo et interdit un nom de domaine professionnel. Le vrai coût n'est pas à la création : il arrive après, en visibilité perdue et en refonte.
En 2025, un site vitrine tourne autour de 800 à 2 500 euros chez un indépendant, et de 4 000 à 10 000 euros en agence. À cela s'ajoutent le nom de domaine (10 à 15 euros par an), l'hébergement (80 à 200 euros par an) et la maintenance. Le bon repère n'est pas le prix d'achat, mais le coût sur 5 ans.
Non. Vous ne payez pas en euros, mais en sous-domaine, en publicité imposée, en référencement pénalisé et en dépendance. Le contenu d'un site gratuit ne s'exporte pas : le jour où vous voulez partir, il faut tout refaire. Le gratuit se paie plus tard.
Parce qu'il intègre ce qu'un site bon marché laisse de côté : un design pensé pour convertir, un référencement technique, des performances et une base faite pour durer. Un site qui ne convertit pas coûte cher, même gratuit. Sur 5 ans, le site professionnel revient souvent moins cher.
Une refonte de site vitrine coûte entre 1 500 et 4 000 euros chez un indépendant, et 3 500 à 8 000 euros en agence en 2025. C'est précisément la dépense qu'un site « pas cher » vous impose au bout de 2 à 3 ans, en plus du premier site.
30 minutes en visio pour regarder votre site ensemble, identifier ce qui freine, chiffrer ce qui vaut la peine d’être fait. Sans engagement, sans relance commerciale. Si on s’entend, on continue.